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Handicap invisible

Introduction

Le tournesol est un symbole international du handicap invisible, initialement développé en Angleterre puis progressivement déployé en France et dans d’autres pays.

Il permet à une personne de signaler discrètement qu’elle peut avoir besoin d’une attention, d’un accompagnement ou d’une aide adaptée, notamment dans les transports, les aéroports, les musées ou les commerces.

Un handicap invisible est un handicap qu’on ne voit pas : il est donc difficile à identifier si la personne concernée n’en parle pas.

1. Qu’est-ce qu’un handicap invisible ?

Un handicap invisible désigne une situation de handicap non immédiatement perceptible. Il peut être permanent, temporaire, fluctuant ou évolutif.

Il peut concerner notamment :

  • Les maladies chroniques ou invalidantes : diabète, endométriose, cancer, maladie de Crohn, Parkinson, allergies sévères.
  • Les troubles sensoriels : surdité partielle, déficience visuelle.
  • Les troubles psychiques : dépression, anxiété, bipolarité, phobies, troubles obsessionnels compulsifs (TOC), addictions.
  • Les troubles cognitifs : troubles DYS, trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), trouble du spectre de l’autisme (TSA), bégaiement.
  • Les handicaps intellectuels : trisomie 21, syndrome de l’X fragile.
  • Les situations de handicap moteur peu visibles : douleurs chroniques, séquelles d’accident vasculaire cérébral (AVC), fatigue invalidante.

Un handicap peut ouvrir droit à une reconnaissance administrative telle que :

  • Une affection de longue durée (ALD), selon la situation médicale.
  • Une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), lorsque le handicap a un impact sur l’accès à l’emploi, le maintien dans l’emploi ou les conditions de travail.

 

La distinction entre handicap visible et handicap invisible est subtile : elle dépend du niveau d’atteinte, du contexte et de l’évolution du handicap.

2. Chiffres et catégories

2.1. Repères chiffrés

  • En France, en 2023, environ 12 millions de personnes étaient en situation de handicap.
  • Environ 80% des handicaps déclarés sont invisibles, soit plus de 9 millions de personnes.
  • Environ 3,1 millions de personnes disposaient d’une reconnaissance administrative du handicap en 2023.
  • Le handicap sensoriel est présenté comme le plus représenté :
    • Environ 6 millions de personnes présentent des troubles auditifs, soit environ une personne sur dix.
    • Près de 2 millions de personnes présentent un trouble de la vision.

2.2. Répartition par catégorie

Catégorie Proportion indiquée Situations associées
Moteur 13% Amputation, AVC, limitations de mobilité
Sensoriel 11% Déficience auditive, déficience visuelle
Cognitif 6% TDAH, troubles DYS, bégaiement, TSA
Intellectuel 6% Trisomie 21, syndrome de l’X fragile
Psychique 1 personne sur 4 Dépression, anxiété, bipolarité, phobies, TOC, addictions
Maladies invalidantes 1 personne sur 3 Maladies chroniques, diabète, cancer, maladie de Crohn, allergies, Parkinson

2.3. Handicap mental, psychique et cognitif

Type Définition Caractéristiques principales
Handicap mental Déficience intellectuelle Généralement présent dès la naissance ; peut affecter la réflexion, la conceptualisation, la communication et la prise de décision
Handicap psychique Troubles de la santé mentale sans déficience intellectuelle nécessaire Capacités intellectuelles préservées ; peut apparaître entre 15 et 25 ans ; difficultés possibles de concentration, de relations sociales, de régulation émotionnelle ou d’organisation
Handicap cognitif Difficultés de mobilisation de certaines fonctions cognitives Souvent identifié au cours des apprentissages ; difficultés possibles de lecture, écriture, calcul, mémorisation, planification, organisation et attention

3. Difficultés liées au handicap invisible

Les handicaps invisibles peuvent entraîner des difficultés dans plusieurs dimensions de la vie quotidienne, sociale, scolaire et professionnelle :

  • Adaptation aux situations et aux changements.
  • Communication et compréhension mutuelle.
  • Intégration sociale, avec un risque de mise à l’écart ou de sentiment d’exclusion.
  • Reconnaissance de la situation, pouvant conduire à une baisse de l’estime de soi, à l’isolement ou à des conflits.
  • Accès à l’éducation et aux apprentissages.
  • Accessibilité de l’espace public et des transports.
  • Réalisation des démarches administratives.
  • Accès aux soins, en raison des restes à charge, de la fréquence des rendez-vous, de la fatigue ou de l’errance médicale.
  • Parcours professionnel : recherche d’emploi, maintien dans l’emploi, évolution de carrière ou reconversion.

Ces difficultés peuvent être aggravées par :

  • Les discriminations.
  • Les stigmatisations.
  • Les préjugés.
  • Les malentendus.
  • La minimisation des symptômes, de la douleur, de la fatigue ou des besoins d’aménagement.

4. Bons réflexes

Catégorie Bonnes pratiques
Moteur Vérifier l’accessibilité des locaux et des parcours. Ne pas fixer une différence visible. Proposer de l’aide sans l’imposer
Sensoriel Ne pas entrer dans l’espace personnel sans accord, même pour aider. Adapter les supports et les modalités de communication
Cognitif Prendre du recul face aux comportements inhabituels. Éviter le second degré. Employer des consignes explicites et demander une reformulation si nécessaire
Intellectuel Utiliser un langage simple et précis. Découper les informations. Favoriser l’expression des compétences par la pratique
Psychique Créer un environnement rassurant. Clarifier les règles, les attentes et le cadre des échanges. Anticiper autant que possible les changements
Maladies invalidantes Respecter la fatigue, la douleur et les besoins d’adaptation. Choisir ses mots avec soin. Ne pas projeter ses peurs ou minimiser la situation

Principes généraux

  • Ne pas présumer qu’une personne n’est pas handicapée parce que son handicap ne se voit pas.
  • Ne pas demander d’explication médicale si elle n’est pas nécessaire.
  • Ne pas banaliser une douleur, une fatigue ou une difficulté.
  • Ne pas comparer la situation d’une personne à une expérience personnelle.
  • Demander : « Comment puis-je vous aider ? » plutôt que décider à la place de la personne.
  • Respecter le refus d’aide.
  • Adapter l’environnement, les outils, l’organisation et la communication avant d’attendre que la personne s’adapte seule.
  • Valoriser les compétences plutôt que de réduire une personne à son handicap.

5. Reconnaissance et aides

5.1 RQTH

5.1.1 c'est quoi

La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) est une décision administrative qui reconnaît officiellement l’aptitude d’une personne à travailler en tenant compte de ses capacités liées au handicap. Elle permet d’accéder à des aides et à des adaptations professionnelles spécifiques.

D’après l’article L. 5213-1 du Code du travail, est considérée comme travailleur handicapé toute personne dont les possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites du fait de l’altération d’une ou plusieurs fonctions :

  • Physiques.
  • Sensorielles.
  • Mentales.
  • Psychiques.

La RQTH peut être demandée pour tout type de handicap, y compris invisible, dès lors que celui-ci a un impact sur la vie professionnelle.

5.1.2 Demander la RQTH

  1. Remplir un dossier de demande auprès de la MDPH.
  2. Joindre les documents requis :
    • Formulaire de demande Cerfa.
    • Certificat médical Cerfa.
    • Justificatif d’identité.
    • Justificatif de domicile récent.
  3. Déposer le dossier à la MDPH du lieu de résidence.
  4. Attendre l’évaluation du dossier et la décision de la CDAPH.

Le délai d’instruction varie selon les départements, généralement de 3 à 18 mois.

5.1.3 Déclarer sa RQTH

Déclarer sa RQTH à son employeur n’est pas obligatoire.

Toutefois, il peut être utile d’en parler au médecin du travail, même sans informer directement son employeur, afin d’évaluer les besoins éventuels d’adaptation et de favoriser le maintien dans l’emploi.

Avantages possibles

Domaine Effets possibles
Aménagement du poste Horaires aménagés, télétravail, matériel ergonomique ou spécialisé, réorganisation des tâches, adaptation de l’environnement de travail
Maintien dans l’emploi Accompagnement en cas de problème de santé, dispositifs de reclassement, appui du médecin du travail et des ressources humaines
Formation et évolution Actions de formation spécifiques, accompagnement renforcé, aides à la reconversion ou à l’évolution professionnelle
Financement Participation possible de l’Agefiph au financement de certains aménagements ou projets de formation
Préavis Allongement possible de la durée du préavis en cas de licenciement
CPF Droits majorés sous conditions : jusqu’à 800 € par an au lieu de 500 €, avec un plafond pouvant atteindre 8 000 € au lieu de 5 000 € ; financements complémentaires possibles de l’Agefiph

6. Situation de handicap et inclusion

Maladie ou accident → Déficience → Incapacité → Situation de handicap dans la vie sociale ou professionnelle → Besoin éventuel de compensation ou d’aménagement

Une situation de handicap ne résulte pas seulement d’une déficience : elle résulte aussi de l’interaction entre les capacités de la personne et les obstacles présents dans son environnement.

Notion Logique
Égalité Donner à chacun les mêmes moyens
Équité Donner à chacun les moyens adaptés à ses besoins
Inclusion Transformer l’environnement afin de supprimer les obstacles et permettre à chacun de participer sans exclusion

L’objectif de l’inclusion est de concevoir des environnements, des règles, des outils et des organisations accessibles dès le départ, afin de réduire le besoin d’adaptations individuelles.